Consultant : reconnaître un bon coach d’un charlatan

Vous songez à vous faire coacher ?

Voici la marche à suivre pour sélectionner un vrai

professionnel, dans un univers où le meilleur côtoie le pire.

Tout d’abord, que ce soit dans cadre de votre activité professionnelle (pour gérer une situation de crise, améliorer vos performances dans vos fonctions actuelles, vous préparer à prendre de nouvelles responsabilités, prendre une nouvelle orientation professionnelle et réussir votre reconversion, ou bien développer votre leadership ou votre intelligence émotionnelle… ) ou dans l’univers de votre vie personnelle (faire face à un burn out, développer votre confiance en vous, faire face à une rupture ou un deuil, développer son autonomie, gérer son stress, retrouver un travail, perdre du poids ou arrêter de fumer,…) autant de défis qu’un coach peut vous aider à relever. 

Mais attention ! Contrairement à bon nombre de professions (expert-comptable, architecte, médecin, avocat,  ..) celle de coach n’est pas réglementée. 

Sous l’appellation de coach, on trouve de vrais professionnels, mais aussi une foule d’incompétents, de nuisibles, et même d’escrocs.  

C’est d’autant plus gênant que le recours à un coach constitue un réel investissement : le prix à l’heure peut varier de 150€ à 1500€, et pour le “tout compris” d’une mission, entre 5 000 et 30 000 euros (sachant qu’un tarif low-cost reflète souvent une prestation bas de gamme…). 

Voici les 9 critères de sélection du « bon coach »

1- Le vrai coach a une formation et une réelle expérience 

Quand vous recevez un candidat à une mission de coaching, analysez son CV. Le niveau général de formation du coach doit être comparable à celui de la personne à coacher. Quelqu’un qui a arrêté ses études au niveau de la licence ne peut pas aider à grandir professionnellement un manager diplômé d’une grande école. 

Autre point capital à vérifier : votre interlocuteur a-t-il suivi une formation spécifique au coaching ? 

Celle-ci enseigne la méthodologie, la déontologie, la démarche et les types de coaching. Elle s’effectue habituellement dans des écoles qui sont « labellisées » RNCP. Déjà, si votre coach ne peut pas justifier de cette certification professionnelle, ne le prenez pas. Il en va de la réussite de votre accompagnement.

2- Sa boîte à outils comporte au moins trois instruments

Un coach professionnel a à sa disposition une véritable boite à outils. Parmi les outils efficaces, on peut citer l’analyse transactionnelle, la programmation neurolinguistique, la démarche systémique, l’’hypnose ericksonienne, les techniques de créativité, de visualisation… 

Votre interlocuteur doit vous décrire ses outils, ainsi que le degré de leur maîtrise par les diplômes qui les sanctionnent. Personnellement, titulaire des niveaux praticien en PNL et Hypnose Ericksonienne (parmi bien d’autres techniques), je peux vous certifier que l’obtention de ces certifications témoigne, en plus d’une pratique assidue, d’un réel savoir-faire, tant sur le plan du fond que de la forme).

En revanche, la psychanalyse n’a rien à faire dans la boîte à outils du coach. Ses fondements et ses modes d’action sont totalement inadaptés à des objectifs d’évolution professionnelle. Et gare au coach qui cite l'”écoute” comme l’un de ses outils : payer 5 000 euros quelqu’un qui va s’asseoir à vos côtés et compatir à vos problèmes, c’est jeter de l’argent par la fenêtre. Mieux vaut parler à votre conjoint, à un ami ou au barman du coin !  

3- Il aborde sa mission avec méthode

Comme tout consultant, un coach doit produire des résultats, et pour ce faire adopter une approche méthodologique. A partir de l’objectif que vous lui décrivez au cours de votre première rencontre, il doit successivement : faire un état des lieux ; clarifier vos attentes réelles, qui peuvent différer de celles que vous aviez exprimées initialement et se prononcer sur la faisabilité du projet ainsi redéfini. 

Après s’être assuré de cette faisabilité, il doit vous dire quels moyens il emploiera, combien de temps cela prendra, ce qu’il vous en coûtera, etc. 

Sachez qu’une mission de coaching est toujours de courte durée : de quelques semaines à une année grand maximum (une séance tous les 15 / 21 jours).

4- Il affiche sa déontologie

Au fil des séances, le coach sera amené à avoir connaissance de données confidentielles sur la personne qu’il accompagne et sur son entreprise. Avant de travailler avec un coach, vous devez donc vous assurer qu’il respecte une stricte déontologie. Le contrat de coaching doit spécifier que tout le contenu des séances demeurera confidentiel : le coach s’engage à ne communiquer sous aucun prétexte à une tierce personne une information ou un document lié à sa mission. 

Le contrat doit également stipuler que le coach ne pourra citer ni l’entreprise cliente, ni la personne coachée dans ses démarches commerciales sans autorisation écrite de celles-ci. 

5- Il connaît les réalités de la vie en entreprise et des écueils de la vie privée

Pour être efficace dans sa mission, le coach doit connaître la culture de l’entreprise : ses enjeux, ses rouages, ses règles… 

Comment un individu qui n’a qu’une vague idée de ce qu’est la vie dans une PME ou dans un grand groupe pourrait-il vous aider à mettre en place de nouvelles méthodes de travail, à mobiliser le personnel sur un projet, ou à vous imposer au sein d’un comité de direction ? 

C’est pourquoi il convient de faire attention aux coachs “transfuges” d’horizons libéraux, notamment les psychothérapeutes, qui partagent souvent leur temps entre un cabinet en ville et le travail en entreprise. 

Ceux qui n’ont jamais fonctionné au sein d’une organisation ont un handicap certain pour faire du coaching en entreprise. 

6- Le coaching est sa principale ou seule activité

Il est capital que vous discerniez si votre interlocuteur appartient à la catégorie des coachs professionnels ou à l’autre catégorie, que j’appelle les “coachs alimentaires”. Ces derniers présentent la caractéristique d’être devenus coachs parce qu’ils ont raté leur vie professionnelle antérieure : ils ont monté un cabinet de psychothérapie qui ne marche pas, ou une société de formation qui végète, ou encore ils étaient cadres en entreprise et ont été licenciés… Ils ont besoin d’argent, et sont prêts à tout pour décrocher un contrat. 

Un coach alimentaire ne peut vous apporter aucune aide, mais il peut causer beaucoup de dégâts. Comment les reconnaître ?  

Grâce à leur parcours particulier, évoqué plus haut, mais aussi au fait qu’ils exercent différentes activités. Certains prétendus coachs font aussi du recrutement, d’autres de la formation ou de la thérapie comportementale, voire des massages… 

Vous éviterez ces charlatans en évinçant tous les candidats qui ne tirent pas au moins 70 % de leurs revenus du coaching. 

7- Il réunit six qualités rares

La personnalité du coach est essentielle. Un bon coach se caractérise, on l’a compris à travers ce qui précède, par son authenticité. Il doit ensuite posséder une grosse dose d’énergie, pour amener son client à se dépasser, et d’enthousiasme : il ne pourra vous “faire grandir” que s’il a une foi absolue dans votre capacité à y arriver… 

Il faut qu’il soit souple pour s’adapter à vos contraintes. Et courageux, pour savoir vous dire non ! Dernier impératif, la disponibilité : à quoi sert d’avoir un coach si vous ne pouvez pas le joindre dans un moment de crise ? 

Entre deux séances, un coach professionnel reste toujours joignable en cas d’urgence, et vous apporte à 22 heures, le week-end ou le 1er janvier l’aide dont vous avez besoin… sans la facturer.  

8- Un bon pro a fait et poursuit un travail sur lui-même

Pour être à même de coacher des gens, il faut avoir fait un travail sur soi-même. Un bon coach a fait un chemin au cours duquel il a “grandi”, et peut raconter les difficultés qu’il a dépassées, les avancées qu’il a faites. Il doit avoir des succès professionnels à son actif. Le coach n’est pas crédible sans cela. Pas plus qu’un médecin qui prétendrait vous aider à arrêter de fumer et grillerait cigarette sur cigarette, ou qu’un entraîneur sportif qui serait obèse et apathique ! 

Mais on reconnaît aussi un vrai coach à ce qu’il se fait lui-même, en continu, coacher et superviser. Ce “coaching du coach” est indispensable pour le préserver du risque de prendre la grosse tête ou d’abuser de son pouvoir. Être supervisé l’oblige à se recentrer régulièrement, donc à garder les pieds sur terre et à rester humble.  

9- Il est libre de tout engagement sectaire !

Enfin, vous devez vous assurer que la personne qui est en face de vous agit en pleine liberté de conscience. Demandez au coach avec lequel vous envisagez de travailler de vous fournir un engagement d’indépendance, joint au contrat de coaching. Dans ce document, le coach doit attester par écrit, sur l’honneur, qu’il est “totalement indépendant de toute cause de nature non professionnelle, et notamment religieuse, associative, philosophique, politique, ou ayant un lien avec des groupes classés par l’administration française comme sectes”.